L’île Madame (et son texte)

J’ai écrit ce poème mnémotechnique pour me souvenir du nom des 54 pays du continent africain :

“Affrétons ce suave et allègre angelet, puis bénissons la botanique.
Les bureaux fabuleux aux burgaux camaïeux, aux captivants et riches cénotaphes ; aux complaisants repères des confidences, des repentis et des demi-confessions ; où se côtoient l’ivresse et les djinns égarés.
Des érythrines éthérées aux gaies gamopétales, des ganaches guindées aux guideaux bistrés, tout guidait vers l’équilibre des kentrophylles.
Le lest libéré, la libellule de madame, maladroite et maline, marchait en maugréant contre le mauvais mot d’une naïve nigelle, nichée dans l’oubli de ses racines.
Saturant promptement les sens seyants du Sieur Leroy, le sommeil soudain soufflait sûr, sage et faisant tanguer tendrement les toges et les tuniques de zéphyr zébré.”

Les mots de ce poème commencent par les premières lettres du nom des pays d’Afrique, classés par ordre alphabétique :

Strophe 1 :
“Affrétons ce suave et allègre angelet, puis bénissons la botanique.”
Pour :
Afrique du sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana.

Strophe 2 :
“Les bureaux fabuleux aux burgaux camaïeux, aux captivants et riches cénotaphes ; aux complaisants repères des confidences, des repentis et des demi-confessions ; où se côtoient l’ivresse et les djinns égarés.”
Pour :
Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, République Centrafricaine, Comores, République du Congo, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte.

Strophe 3 :
“Des érythrines éthérées aux gaies gamopétales, des ganaches guindées aux guideaux bistrés, tout guidait vers l’équilibre des kentrophylles.”
Pour :
Érythrée, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée Équatoriale, Kenya.

Strophe 4 :
“Le lest libéré, la libellule de madame, maladroite et maline, marchait en maugréant contre le mauvais mot d’une naïve nigelle, nichée dans l’oubli de ses racines.”
Pour :
Lesotho, Liberia, Libye, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, Rwanda.

Strophe 5 :
“Saturant promptement les sens seyants du Sieur Leroy, le sommeil soudain soufflait sûr, sage et faisant tanguer tendrement les toges et les tuniques de zéphyr zébré.”
Pour :
Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie, Zimbabwe.


J’ai écrit 5 paragraphes mnémotechniques pour me souvenir des 5 strophes du poème qui me permet de me souvenir du nom des 54 pays du continent africain :

Strophe 1 :
“Affrétons ce suave et allègre angelet, puis bénissons la botanique.”
Paragraphe mnémotechnique 1 :
“”L’angelet” est le nom d’un petit bateau construit pour l’exploration et la recherche scientifique.
Il est fait de bois de catalpa, le plus doux de tous les bois, et son équipage permanent est composé de marins très joyeux.
Des hommes sont en train de charger l’embarcation, qui prendra bientôt la mer pour une expédition botanique. Les chercheurs qui font partie de ce voyage fêtent leur départ et lèvent leurs verres en l’honneur de toutes les plantes du monde.”

Strophe 2 :
“Les bureaux fabuleux aux burgaux camaïeux, aux captivants et riches cénotaphes ; aux complaisants repères des confidences, des repentis et des demi-confessions ; où se côtoient l’ivresse et les djinns égarés.”
Quelques définitions :
– burgau : coquillage univalve nacré ;
– cénotaphe : tombeau vide élevé à la mémoire d’un mort qui a été enterré ailleurs ou n’a pas reçu de sépulture ;
– djinn : créature surnaturelle et généralement malfaisante issue des croyances de l’Arabie préislamique.
Paragraphe mnémotechnique 2 :
“Cette strophe parle d’une entreprise extraordinaire. Les murs des bureaux de cette entreprise sont entièrement recouverts de coquillages nacrés.
De nombreuses personnes circulent dans ses pièces, qui sont pleines de coffrets ouverts et de magnifiques croix sculptées.
Elles se baissent parfois, murmurent quelques mots à l’intérieur des coffrets, puis les referment ; ou bien regardent les croix et lisent à voix haute les noms qui y sont inscrits.
Les coffrets sont des boîtes à secrets : une fois fermés, ils sont conçus pour ne plus pouvoir s’ouvrir. Les confidences qui leurs sont faites sont ainsi scellées pour toujours.
On croise deux types de femmes et d’hommes dans les couloirs de cette entreprise. Ceux qui dansent et chantent, ivres de bonheur, libérés du fardeau de leur secret. Et ceux qui errent tristement, le visage grimaçant, peinés par l’évocation d’un souvenir douloureux, d’une blessure non refermée.”

Strophe 3 :
“Des érythrines éthérées aux gaies gamopétales, des ganaches guindées aux guideaux bistrés, tout guidait vers l’équilibre des kentrophylles.”
Quelques définitions :
– érythrine : arbrisseau des régions chaudes aux fleurs rouge vif ;
– gamopétales : sous-classe de végétaux dont les fleurs ont les pétales soudés ;
– ganache : crème à base de chocolat fondu et de crème fraîche ;
– guindée : qui manifeste une raideur étudiée, affectée ;
– guideau : filet de pêche conique ;
– bistré : dont la couleur est proche de celle de la suie ;
– kentrophylles : genre de chardons.
Paragraphe mnémotechnique 3 :
“Qu’il s’agisse de la délicatesse des arbres rouges ou des fleurs dont les pétales se tiennent la main ; des serpents de chocolat fondu, enroulés sans passion, ou des filets dont les mailles brunes capturent le pourpre et l’argent des poissons de rivière ; tout concourt, sans en avoir l’air, à la verticalité parfaite des chardons.”

Strophe 4 :
“Le lest libéré, la libellule de madame, maladroite et maline, marchait en maugréant contre le mauvais mot d’une naïve nigelle, nichée dans l’oubli de ses racines.”
Quelques définitions :
– nigelle : petite plante au feuillage finement découpé et aux graines noires.
Paragraphe mnémotechnique 4 :
“Peu de gens le savent, mais les libellules possèdent, comme les bateaux, une petite ancre qui leur permet de rester au sol.
Ce fait, bien que réfuté par de nombreux entomologistes, est accepté comme une évidence par les habitants de la douzième plus grande forêt du monde.
Dans cette forêt, la libellule est l’animal domestique le plus répandu.
Madame Albtivb, que l’on appelle simplement Madame pour ne pas avoir à prononcer son nom, est la maîtresse d’une libellule qui vole mal, mais qui est très intelligente.
La strophe de ce poème raconte le pire jour de la vie de cette libellule. Ayant correctement levé son ancre, mais complètement raté son envol, elle tomba dans un parterre de petites plantes. L’une d’entre elle, tout juste éveillée et à peine sortie de son lit, se moqua cruellement de la pauvre libellule de Madame, qui s’en fut en marchant, les yeux baissés.”

Strophe 5 :
“Saturant promptement les sens seyants du Sieur Leroy, le sommeil soudain soufflait sûr, sage et faisant tanguer tendrement les toges et les tunique de zéphyr zébré.”
Quelques définitions :
– seyant : qui donne un aspect agréable à une personne ou une chose ;
– zéphyr : tissu de coton utilisé dans la confection de vêtements légers.
Paragraphe mnémotechnique 5 :
“Le sommeil est un état physiologique qui existe sous deux formes différentes : une forme interne, et une forme externe.
Le sommeil interne est le sommeil le plus commun. C’est celui qui nous endort, chaque soir, en fermant une à une les paupières de notre visage et les fenêtres de notre esprit.
Le sommeil externe, quant à lui, est un déplacement de particules, au même titre que le vent ou la lumière.
Il arrive en se glissant doucement entre les rideaux. Il fait bouger les drapeaux, froisse les vêtements légers et emmêle les rayures des zèbres.
Contrairement au sommeil interne, ce sommeil endort en allumant l’esprit, en l’emplissant de choses colorées, rapides et bruyantes. Chez une personne dotée de sens aussi fins que ceux de Sieur Leroy, chevalier du Moyen-Âge doté d’une acuité visuelle exceptionnelle, il peut même sembler violent.”


J’ai écrit un texte mnémotechnique pour me souvenir des 5 paragraphes qui me permettent de me souvenir des 5 strophes du poème qui me permet de me souvenir du nom des 54 pays du continent africain :

“Il y a quelques siècles, on découvrait chaque jour une île nouvelle.
On confiait l’exploration de ces îles inconnues à des capitaines expérimentés, qui naviguaient dans les bateaux les plus robustes et les mieux équipés de l’époque.
Le capitaine Leroy était l’un de ces hommes, L’angelet était l’un de ces bateaux.

Après avoir planté leur drapeau sur chacune des collines de l’Archipel Feuillu, le capitaine Leroy et son équipage partirent à la recherche de l’île Madame.
N’ayant qu’une idée approximative de sa position, ils naviguèrent cinq semaines avant d’apercevoir la pointe d’une montagne noire.
L’île, entourée de flèches rocheuses, était difficile d’accès.
On repéra une faille dans la paroi de granite. L’ancre fut jetée, les barques furent descendues.
La faille ouvrait sur un immense lac souterrain. Ses plages étaient jonchées de boîtes marquées des sceaux les plus divers, vestiges d’innombrables naufrages.
Le vent sifflait entre les colonnes de pierre, et soufflait dans le ventre vide des coquillages ; emplissant la grotte de soupirs, de plaintes et de rires étranges.
Plus loin, un trait de lumière faisait apparaître une rivière. Elle serpentait silencieusement jusqu’à l’océan, pleine de petits et de gros poissons.
En remontant cette rivière, les marins arrivèrent à la surface de l’île.
Ils passèrent une arche naturelle, formée d’un enchevêtrement de branches rouges et de chardons, puis entrèrent dans une belle forêt.
L’air était saturé de libellules multicolores, le sol recouvert de plantes aux feuilles finement dentelées.
La montagne était maintenant clairement visible. Le capitaine et ses hommes en entreprirent l’ascension.
La marche était difficile, l’air était lourd, une tempête semblait se préparer.
Une torpeur étrange gagnait l’équipage, les hommes s’arrêtaient les uns après les autres.
Le soleil était vif, il y avait des couleurs partout.
Arrivé seul au sommet de la montagne, Leroy se coucha à l’ombre d’un rocher, s’enroula dans son manteau et s’endormit.”